« Au temps du Roi
Hérode, la nuit où naquit Jésus , les anges portèrent la bonne
nouvelle aux bergers. Il y avait un berger très pauvre , si pauvre
qu’il n’avait rien. Quand ses amis décidèrent d’aller à la grotte en
emportant quelques dons , ils l’invitèrent également , mais il leur
dit : « Je ne peux pas venir , j’ai les mains vides , que puis-je
donner ? » Mais les autres insistèrent tellement qu’ils réussirent à
le convaincre.
Ainsi donc , ils
arrivèrent au lieu où était l’enfant , avec sa Mère et Joseph.
Marie tenait
l’enfant dans ses bras et sourit en voyant leur générosité : qui
offrait du fromage, qui de la laine ou un fruit. Elle aperçut le
berger qui n’avait rien et lui fit signe de venir ; embarrassé ,
celui-ci s’avança…...... Marie , pour avoir les mains libres pour
recevoir les dons , déposa l’enfant doucement dans les bras du
berger qui avait les mains vides. »
Comme c’est difficile
aujourd’hui d’avoir les mains vides…Des mains ouvertes pour recevoir
, des mains qui ne se ferment sur rien , même pas sur le don que
Dieu désire nous donner…Notre monde en ce temps de fête brille de
mille feux, c’est à qui en aura plus que les autres et voilà que la
société de consommation une fois de plus réussit son tour de magie :
elle envoûte les hommes et leur fait perdre l’essentiel au profit du
toujours plus , toujours mieux. Le prince de ce monde gagne !
Les lumières dont
se parent nos cités sont belles et tentent de faire oublier les
détresses les souffrances , les guerres , les misères cachées…Il y a
quelque chose de féerique dans ce spectacle…Les marchés de Noël ,
leurs sapins enneigés et leurs chemins balisés qui conduisent à ces
superbes chalets où tout est organisé pour vous faire acheter…
Et derrière les
guirlandes, dans les ruelles mal éclairées, dans des appartements si
vieux qu’on les a oubliés , combien de personnes âgées, de gens
seuls qui n’attendent plus rien et essaient de survivre avec si peu…
Noël en Irak, à
Bethléem , au Darfour…Mes frères chrétiens qui risquent leur vie
chaque jour, mes frères dont la tête est mise à prix, mes frères qui
attendent la liberté pour vivre sur leur terre, celle de leurs
ancêtres …
Comment célébrer
Noël en vérité sinon en revenant dans cette grotte pour trouver ce
petit enfant qui nous révèle à nous-même en éveillant au plus
profond cet enfant qui sommeille en nous ?…Comment célébrer Noël
sans se laisser éclairer par cette douce lumière qui émane de cette
pauvreté ?
Les mains vides
pour recevoir ce petit enfant qui donne tout son sens à notre vie en
la conduisant vers le Père de tout amour . Les mains vides pour
accueillir ce que le monde ne peut nous dérober : une joie et une
paix qui n’ont pas de mots pour se dire mais qui émanent du visage
de cet Enfant , de sa Mère , de Joseph.
Noël, Emmanuel :
Dieu avec nous, Dieu parmi nous, Dieu l’un de nous.
Si nos mains sont
vides, bienheureux sommes-nous, elles peuvent recevoir le Roi des
Rois, Jésus , et le donner à notre tour à ceux qui plus que nous ont
les mains ouvertes…
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