la communauté histoire St Dominique la basilique accès_ hôtellerie magasin album photos archives


conférence de frère Elie-Pascal Epinoux, o.p. 
(16/09/07)
"les lieux Saints Dominicains"
(video)

Histoire de Prouilhe
 

voir aussi:
histoire de la basilique

1 La Fondation
2 La Restauration du Monastère
  1. La Fondation
     

Depuis Fanjeaux, à l’extrémité du faubourg où est située la maison de saint Dominique, on découvre une plaine immense avec, au nord, la Montagne noire.
Dominique priait en ce lieu un soir de juillet 1206 lorsqu’il voit fondre un globe de feu sur le hameau de Prouilhe, un village abandonné, ravagé par les guerres féodales, avec une chapelle dédiée à Notre-Dame, antique lieu de pèlerinage. Renouvelé les jours suivants, ce signe devient pour Dominique “signe de Dieu” (d’où le nom de Seignadou donné depuis à ce promontoire) : là où est tombé le feu, là sera le lieu destiné à recevoir son œuvre..

vue de Prouilhe depuis le Seignadou

Par acte daté de 1206, l’évêque Foulques de Toulouse « donne et concède au seigneur Dominique, d’Osma, l’église de Sainte-Marie de Prouilhe  et trente-trois pas du terrain entourant ladite église ». Une habitation en terre battue est construite et Dominique y installe ses premières sœurs, pour la plupart converties du catharisme. A des femmes qui, dans l’hérésie, avaient  mené une vie quasi religieuse, pénitente et austère, Dominique offre un mode de vie semblable dans la tradition catholique. Les moyens sont proches mais la fin est tout autre : témoigner de la force de la Parole de Dieu qui convertit les cœurs. Et  témoigner au plein milieu de l’hérésie, non à l’abri de quelque abbaye retirée ! Le 27 décembre, il leur donne un habit religieux et les soumet à la clôture. La Sainte Prédication de Prouilhe était née, non seulement base de mission des prédicateurs mais aussi lieu de prière ardente pour que la parole de ceux-ci soit accueillie. A la fois “fruit” de la prédication et tout entière à son service, l’institution était déjà une forme de prédication..

C’est aussi à Prouilhe que Dominique aime grouper ses premiers disciples pour les enseigner. C’est là qu’il les réunit pour y délibérer sur le choix d’une règle ; là qu’il les convoque une dernière fois, le 15 août 1217 et  reçoit leur profession, avant de les disperser dans le monde.
Prouilhe traverse les siècles dans la ferveur, et demeure "gage de bénédiction" pour le pays de Languedoc. Les  Sœurs sont toujours confiées aux soins des Dominicains leurs Frères.

À la suite du Concordat de 1516 entre François Ier et Léon X qui concède au roi de France le privilège de nommer aux évêchés, abbayes et prieurés conventuels, Prouilhe voit s’ouvrir une ère de difficultés et de conflits dont la communauté eut à souffrir. Privé de son autonomie, le monastère devient Prieuré Royal, à savoir un objet de convoitise pour les ambitions et les intérêts humains.

En mars 1715, un violent incendie éclate qui dévore la plus grande partie des bâtiments. Ce désastre aggrave une situation financière devenue inquiétante. Il faut emprunter pour continuer les constructions ou en prévoir de nouvelles. Le Conseil du roi impose aux sœurs le plan de François Mansard de Sagone, architecte royal, qui vient à Prouilhe en janvier 1747. Les travaux traînent en longueur jusqu’en 1757 où le Fr. Raymond Vergès, dominicain et architecte de talent, préside à l’achèvement de l’entreprise. À la veille de la Révolution, la reconstruction à peine terminée,

Aux émissaires de la Révolution qui les interrogent, les sœurs déclarent vouloir persévérer dans leurs vœux. Elles sont expulsées en 1792. Le monastère est vendu comme bien national. Il est rapidement pillé et devient une vaste carrière de pierres.
 

haut de page    

  1. La Restauration du Monastère

Prouilhe est abandonné pendant un demi-siècle. Le père Lacordaire y passe la première fois en juillet 1852. Après sa visite, il écrit : « J’ai visité les lieux les plus célèbres de l’histoire de saint Dominique : Montréal, Fanjeaux, Prouilhe. À Prouilhe était le premier couvent de notre Ordre ; il ne reste qu’un champ avec une maison qui servait d’hospice et qui est aujourd’hui une auberge, appelée encore : l’Auberge de Prouilhe. [...] Mon dessein est d’acheter quelques ares de ce terrain où le monastère était situé et d’y bâtir une chapelle commémorative dédiée à Notre-Dame de Prouilhe. » (lettre du 7 août à la Baronne de Prailly).

Ce dessein se réalisera plus largement grâce à Marie-Antoinette Camille Panon-Desbassyns, vicomtesse Jurien, veuve sans enfants, à la tête d’une immense fortune provenant de l’émancipation de ses 300 esclaves de l’Ile-Bourbon (la Réunion), et qui consacrait tous ses revenus aux bonnes œuvres. Elle résout d’employer sa fortune à la reconstruction du monastère et de l’église de Prouilhe.

L’acte de vente est signé le 27 décembre 1855, jour anniversaire de la fondation de Prouilhe en 1206. La première pierre est bénite et posée le 31 mai 1857. La construction s’élève peu à peu sur les plans de M. Charles Saint-Père, architecte à Paris, qui jette aussi les fondations d'une chapelle. Les travaux durent plusieurs années jusqu’à ce que des revers de fortune et des obstacles de toutes sortes viennent arrêter l’élan de la fondatrice en 1861.

Elle meurt en août 1878 et, en 1879, les bâtiments abandonnés du monastère avec le petit domaine attenant sont vendus aux enchères. Le Père Hyacinthe CORMIER, premier prieur provincial de la nouvelle Province dominicaine de Toulouse et futur Maître de l’Ordre, sollicite alors la communauté de Nay (près de Lourdes), qui avait pu survivre clandestinement pendant la Révolution, pour cette “refondation”.

Les moniales de Nay achètent alors les bâtiments et, le 29 avril 1880, neuf d’entre elles arrivent à Prouilhe. Elles ont rapidement de nombreuses vocations et la communauté fonde au Brésil et au Québec.

Les bâtiments actuels datent donc de la seconde moitié du XIX° s. Ils ont été récemment rénovés suite à un incendie qui a détruit l’ensemble des toitures, les combles et une partie du premier étage en 1990.

En 1883, l’année-même où le pape Léon XIII conviait toute la catholicité à recourir à la puissante protection de la Reine du Très-Saint Rosaire, le nouvel évêque de Carcassonne, Mgr Billard, fier de posséder dans son diocèse le berceau du Rosaire, a l’inspiration d’inaugurer à Prouilhe un pèlerinage diocésain. Les fidèles accourent par milliers le 18 octobre. Le pèlerinage annuel du Rosaire à Prouilhe est fondé

texte de la conférence donnée à Prouilhe en 1980 par le frère A.Duval
la vie monastique recommence à Prouilhe

haut de page