 |
-
Dominique de Guzman:
Dominique de Guzman
est né à Caleruega, non loin de Silos, en Castille, en 1170.
Étudiant à Palencia,
il se passionne pour l’Écriture Sainte, non seulement étudiée et méditée,
mais mise en œuvre comme lors de cet hiver de famine où il vendit ses
livres, ne pouvant plus « étudier sur des peaux mortes quand des hommes
meurent de faim. »
En 1199, il rejoint la
communauté de chanoines réguliers de la cathédrale d’Osma où, pendant six
ans, il s’initie à la vie spirituelle et à la vie commune, sous la règle
de saint Augustin en méditant les Conférences de Cassien. C’est là qu’il
acquiert une grâce particulière de prière pour les pécheurs et les
affligés ; là aussi que s’éveille en lui la passion de la Lumière et de la
Vérité, pour lui, pour tous les hommes.
|
 |
|
En 1201, il est
sous-prieur de ce chapitre et collaborateur du nouvel évêque Diego d’Azevedo.
À ce titre, il l’accompagne dans une ambassade dont le roi de Castille,
Alphonse IX l’a chargé : ramener la fille du roi du Danemark pour son
fils. |
|
Deux expéditions
s’avèrent nécessaires (1203-1204 et 1205-1206) au cours desquelles les
voyageurs se trouvent confrontés à l’hérésie albigeoise en Languedoc. À
Toulouse, Dominique passe la nuit à dialoguer avec son hôte cathare qui,
au petit matin, confesse la foi catholique. Dès lors, le projet
d’instruire le peuple de la vraie foi se forme dans son esprit. |
|
Pour venir en aide à
ceux qui méconnaissent le Christ, Diego demande au pape Innocent III à
être déchargé de l’évêché d’Osma. Devant l’échec des cisterciens mandatés
contre les hérétiques, le pape accepte en décembre 1206. Diego et
Dominique partent alors, accompagnés de quelques légats cisterciens, à la
manière des apôtres « deux par deux, à pied, sans bourse ni besace ».
|
 |
-
Saint Dominique en
Languedoc :
Juin1206, Diego et
Dominique arrivent à Carcassonne, puis à Montréal, Fanjeaux, passant près
de l’antique sanctuaire de Notre-Dame de Prouilhe.
Au cœur de la Sainte
Prédication de Prouilhe, il a rassemblé, à la fin de l’année 1206,
quelques femmes, presque toutes issues du catharisme ou de la noblesse de
Fanjeaux. Il leur a confié la mission de soutenir par leur prière sa
prédication et celle de ses compagnons.
|
|
En mars 1207 a lieu à
Montréal la plus célèbre des disputes théologiques avec les Cathares
auxquelles Dominique participe, selon la méthode de l’époque. Le thème est
divisé en questions que prépare chaque protagoniste. Les discussions et
conclusions se tiennent en public pour convaincre publiquement et
solennellement les cathares d’hérésie. Les débats durent quinze jours.
Dans chaque camp, des arbitres transcrivent les points de vue et rendent
sentence.
La dispute de Montréal
constitue un tournant pour les prédicateurs. À partir de ce moment, les
missionnaires catholiques changent de méthode : après avoir d’abord
évangélisé dans l’itinérance, chaque prédicateur reçoit en partage un
« diète » (portion de territoire à évangéliser) dont il a la charge.
Dominique s’établit alors à Prouilhe.
À Fanjeaux, dont il
devient curé en 1214, Dominique conserve un pied-à-terre. On peut encore y
voir la « maison de saint Dominique » dans le « Borget sant Doumenge »,
l’église paroissiale (bien que rebâtie vers 1280), le couvent des frères
avec la chapelle du miracle, sans oublier le promontoire du « Seignadou ».
|
 |
 |
Sur le chemin qui mène
de Prouilhe à Fanjeaux, la
« croix du Sicaire » commémore la force de la foi de Dominique,
prêt à mourir pour le Christ.
Trois monuments entre
Carcassonne et Montréal attestent le souvenir de ses passages : la stèle
du miracle des épis, celle du prodige de l’orage et la fontaine où il
venait se désaltérer.
Plusieurs détails
historiques permettent d’imaginer Dominique prêchant de village en
village. Il est en route dès le matin, accompagné d’un frère. Le bâton à
la main, il garde toujours avec lui l’évangile de saint Matthieu et les
épîtres de saint Paul. Il porte une tunique grossière et rapiécée, en
laine non teinte et marche souvent pieds nus. Il mendie son pain en
arrivant dans un village. Quand il se met à prêcher, « il trouvait, dit un
témoin, des accents si bouleversants que très souvent il s’émouvait
lui-même jusqu’aux larmes et faisait pleurer ses auditeurs ».
|
 |
-
Les
débuts de l’Ordre et la mort de saint Dominique.
Dominique restera
pendant près de dix ans en Lauragais. Bien souvent il prêche seul. Diego
est mort en 1207. L’année suivante débute la croisade contre les Albigeois
et les cisterciens de la première heure sont repartis dans leurs abbayes.
Dominique refuse de convaincre autrement que par la force de la Parole…
Ce n’est qu’en avril
1215 que deux compagnons décident de s’adjoindre à lui en se liant par la
profession religieuse. La petite communauté naissante s’installe à
Toulouse dans la maison de l’un d’entre eux : Pierre Seilhan, avec
l’assentiment de l’évêque Foulques.
En janvier 1217, la
nouvelle fondation est approuvée par le pape Honorius III qui confirme le
nom et la mission des Prêcheurs : Dominique et ses compagnons sont
désormais « frères de l’Ordre des Prêcheurs ».
Le 15 août de cette
même année, Dominique réunit les frères à Prouilhe : dans un geste
prophétique, il les envoie deux par deux à travers l’Europe. Passant outre
les craintes du petit groupe encore peu affermi, il déclare avec
assurance : « Je sais ce que je fais ! Le bon grain porte du fruit quand
on le dissémine et pourrit s’il demeure en tas ».
|
 |
De Bologne à
l’Espagne, de l’Espagne à Bologne, à pied, prêchant le jour, priant la
nuit, encourageant les frères et les sœurs, Dominique épuise ses forces au
service de l’Evangile et des communautés qui se multiplient.
En 1220, il rédige les
Constitutions qui règleront désormais l’organisation de la vie des frères.
Leur mode de vie sera celui des pauvres pour le Christ : « ne parlant que
de Dieu ou avec Dieu », ils iront sur
les routes, mendiant leur pain, annonçant la Bonne Nouvelle de l’Evangile.
Lui-même rêve de
partir encore plus loin, jusque vers les Cumans, ces païens de l’est de
l’Europe dont il avait découvert l’existence lors de ses voyages vers le
Danemark. Ce rêve, ce sont ses frères qui le réaliseront…
|
 |
A Rome, au début de
l’année 1221, il fonde le monastère de Saint-Sixte pour lequel il fait
venir huit moniales de Prouilhe. Après le Chapitre de 1221, au début de
l’été, il tombe malade. Il meurt le 6 août, entouré de ses frères, au
couvent de Bologne où on l’a transporté. Et c’est là, sous les pieds de
ses frères, qu’il est enseveli, selon sa demande.
Le Cardinal Hugolin,
futur pape Grégoire IX, célèbre lui-même la sépulture. C’est lui encore
qui le canonisera en 1237.
« Dieu lui avait donné une grâce spéciale envers les pécheurs, les
pauvres, les affligés : il en portait les malheurs dans le sanctuaire
intime de sa compassion. Une de ses demandes fréquentes et singulières à
Dieu était qu’il lui donnât une charité véritable et efficace pour le
salut de tous les hommes. »
Libellus 12, 13, Jourdain de Sax
|
|